c. France
Définition :
La diversité des formes d'énergies regroupées sous l'appellation ENR conduit à distinguer trois agrégats d'énergies considérées comme primaires dans les statistiques du Service de l'observation et des statistiques ( SoES[1]) :
EnRt : énergies renouvelables thermiques, c'est-à-dire bois-énergie (bois et sous-produits du bois), résidus agricoles et agroalimentaires, solaire thermique, géothermie, pompes à chaleur (PAC), déchets urbains renouvelables, biogaz, biocarburants ;
EnRé : énergies renouvelables électriques, c'est-à-dire électricité hydraulique (une fois déduites les consommations des pompages qui, en période de faible demande électrique, remontent de l'eau dans les barrages pour pouvoir la turbiner ultérieurement), éolien, photovoltaïque ;
EnRt et déchets : énergies renouvelables thermiques et déchets urbains non renouvelables valorisés sous forme d'énergie. Cet agrégat fait l'objet d'une colonne spécifique dans le bilan de l'énergie. Il regroupe toutes les énergies autres que charbon, pétrole, gaz et électricité.
Énergie primaire
La consommation primaire d'énergie s'élève à 266,4 Mtep en 2011, en données corrigées des variations climatiques. La consommation primaire de pétrole atteint 82,6 Mtep. Les EnRt et déchets se hissent à 17,1 Mtep. L'électricité primaire consolide sa place centrale dans le mix énergétique (44 %). La consommation de charbon s'effondre en 2011 (- 14,2 %) passant pour la première fois sous la barre des 10 Mtep. L'énergie primaire consommée pour transformer et distribuer l'énergie, utilisée par exemple dans les centrales nucléaires et thermiques, progresse moins vite qu'en 2010, dans le sillage du léger ralentissement qui a affecté ces deux productions. |
La figure ci-contre présente l'évolution de la consommation d'énergie primaire en France de 1973 à 2011. |
En 2011, le mix énergétique primaire de la France (figure ci-dessous) repose pour moitié sur des énergies fossiles importées : le pétrole (31,0 %), le gaz (15,0 %) et le charbon (3,7 %). Les ENR représentent quant à elles 7,9 % (21,1 Mtep).

Informations[4]Complément : Énergie primaire produite en France
La France produit sur son territoire une partie de l'énergie primaire qu'elle utilise. Entre 2010 et 2011, la production nationale a très légèrement augmenté, atteignant un nouveau record à près de 139 Mtep. Le taux d'indépendance énergétique, calculé (ratio E primaire produite en France / E primaire totale) se redresse ainsi pour la deuxième année consécutive, à 53,5 %.

La France est riche en ressources énergétiques renouvelables : avec la première forêt d'Europe occidentale et un fort potentiel hydraulique, éolien et géothermique, elle est en 2010 le second producteur et le second consommateur d'énergies renouvelables d'Europe (Source SoES[7]). L'ensemble des énergies renouvelables produisait près de 19,5 Mtep en 2011. La forte baisse de 2011, qui marque un retour en arrière, est à relativiser car elle est essentiellement de nature conjoncturelle, liée à deux circonstances climatiques particulièrement défavorables : effondrement de l'hydraulicité (rapport du débit, d'un cours d'eau ou d'un barrage, à son débit mensuel ou annuel, comparé à sa moyenne interannuelle) liée à la sécheresse et baisse significative des consommations de bois des ménages liée à un hiver clément. Les énergies renouvelables thermiques (hors déchets non renouvelables valorisés à des fins de production d'énergie) ont enregistré pour 2011 une baisse significative (- 10,2 %), atteignant 14,3 Mtep. En effet, avec les températures douces, la production de bois-énergie est repassée sous la barre des 9 Mtep, contre plus de 10 en 2010, année froide. Les biocarburants sont revenus à leur niveau de 2008, diminuant de 8,9 %. Le tableau ci-contre retrace l'évolution des productions primaires de chaque filière renouvelable sur les trois dernières années et le graphique permet de situer le poids de chacune d'entre elles en 2011. |
En 2011, le bois-énergie représentait 46 % de la production d'énergie primaire en France ; le photovoltaïque avec le solaire thermique 1,2 % . | Part de chaque filière dans la production primaire d'énergie renouvelable en 2011 (en %) | Informations[8] |
Consommation d'énergie finale
La consommation finale d'énergie en 2011 dépasse à peine 168 Mtep, alors qu'elle oscillait autour de 175 Mtep dans la première moitié des années 2000. La consommation d'énergie finale à fin énergétique est stable : en données corrigées des variations climatiques, elle s'établit à près de 156 Mtep depuis trois ans. L'apparente stabilité résulte de mouvements contrastés. Malgré la hausse du prix des carburants, la consommation énergétique des transports a augmenté de 1,5 %, et atteint 50 Mtep – presque autant que la consommation d'énergie résidentielle, dont la croissance a été plus limitée (+ 0,6 %). Les ENR représentent 14,3 Mtep (soit 9,2 % du total). | La consommation énergétique finale par forme d'énergie et la répartition de la consommation énergétique finale par forme d'énergie | Informations[9] |
Les données détaillées pour chaque type d'ENR sont présentées dans le tableau ci-contre. |
Électricité
La production totale brute d'électricité comprend la production primaire (nucléaire, hydraulique, éolienne, photovoltaïque) et la production thermique classique. La production primaire brute s'élève à 507 TWh en 2011, soit un niveau relativement stable par rapport à 2010 (+ 0,1 %).
La production d'électricité est assurée à 79 % par le nucléaire en 2011 (442 TWh). La production d'électricité nucléaire augmente de 3,6 Mtep entre 2010 et 2011. Hormis la production pétrolière, très faible en France (moins de 2 Mtep), les autres productions primaires fléchissent. C'est le cas des énergies renouvelables, entraînées par la forte baisse des énergies thermiques (- 10,2 %) comme de la production hydraulique renouvelable (- 27 %) qui s'établit à 46 TWh. Cette dernière a pâti de la sécheresse que subit la France depuis près de deux années hydrologiques. La progression maintenue de la production éolienne (+ 23 %, à 1,1 Mtep soit 12,2 TWh) qui fournit 2,2 % de la production électrique française, et du photovoltaïque électrique qui fait plus que tripler mais reste marginal (0,4 % soit 2 TWh en métropole), ne peuvent compenser sa chute. Le parc photovoltaïque a été multiplié par 2,5 depuis fin 2010.
Au total, la production d'électricité d'origine renouvelable (11,5 % de l'ensemble), quelle qu'en soit l'origine, régresse de 17 % à 64,8 TWh, principalement du fait de la moindre production hydraulique.
La part de l'éolien et du photovoltaïque dans la production d'électricité brute se situe à 2,5 % en 2011.
Part de l'électricité d'origine renouvelable dans la consommation intérieure brute d'électricité | Informations[12] | La part de l'électricité d'origine renouvelable dans la consommation intérieure brute d'électricité se situe à 12,8 % en 2011. |
Complément : Les chiffres clés des ENR en France
En France (métropole + DOM), les augmentations significatives des productions électriques renouvelables, des biocarburants et de la plupart des productions thermiques renouvelables, enregistrées sur les années récentes en données réelles, rendent compte des progrès déjà réalisés pour l'atteinte des divers objectifs tant nationaux qu'européens et notamment celui de 23 % d'EnR dans la consommation finale brute en 2020 (directive EnR 2009/28/CE).
Le tableau ci-dessus retrace pour la France entière les principaux indicateurs de suivi de ces divers objectifs pour les trois années 2005 (année de référence de la directive EnR), 2010 et 2011.
















